Test HCFR du casque Sennheiser HD660S (màj avec impressions de ajr)

Test HCFR du casque Sennheiser HD660S (màj avec impressions de ajr)

 

Sennheiser HD660S

“Pour qui sont ces six cents qui sifflent sur vos têtes, HD660S ou le retour aux racines”

Test HCFR

par

Eric_dub (1ère partie p. 1 -> 7),

Julien_cleriensis (2ème partie p. 8 -> 9),

André_ajr (3ème partie p. 10)

 

 

 

Entrée des artistes

T’imagines bien que l’arrivée d’un nouveau venu chez Sennheiser est un événement. Surtout pour ceux qui, comme moi, ont eu la chance, quand ils étaient petits, de passer de temps en temps l’après-midi avec un HD424 sur les oreilles chez leur oncle (je dis oncle, mais ça marche aussi avec d’autres membres de ta famille. Si t’as pas d’oncle, voire chez les voisins). Et encore plus intéressant, si l’on songe qu’il s’inscrit dans la lignée de ses deux célèbres prédécesseurs, toujours en vente actuellement, le HD600 et le HD650. Ces derniers sortiront-ils du catalogue? Le suspense est total, même si on le murmure (à grands bruits) pour le second.

Pour ma part, je trouverais cela dommage dans le cas du premier, beaucoup moins dans celui du second. Mais, comme on dit, il faut bien accepter de vintager, pardon: de vieillir — et, s’ils sortent du catalogue-, ça fera des “vieilles casseroles”* supplémentaires pour les amateurs du genre.

* http://dev.hcfr.fr/forum/casques-sedentaires/les-vieilles-casseroles-t30082458.html

 

Quoi qu’il en soit, si on s’intéresse aux casques de la plus que septuagénaire firme du Dr Fritz S., mettons par exemple depuis les HD540, 545, 565, 580, voire encore avant (y a-t-il parmi les lecteurs d’anciens mai-soixante-huitards qui auraient pris d’assaut quelques barricades, casqués d’un vénérable HD414?), c’est bien un événement.

Je remercie donc beaucoup Mme L. Perrigault, consultante chez Sennheiser, d’avoir tout mis en œuvre pour permettre le prêt d’un exemplaire de ce casque, en vue d’un test par l’équipe de HCFR. Cela démontre, si besoin était, qu’une grande firme internationale peut parfaitement rester humaine et à l’écoute des amateurs!

On dira tout ce que l’on voudra sur le HD600, sur ses “défauts”, son petit manque de grave, ses aigus un peu en retrait, son côté “tout médium”, etc. etc. Mettons que tout cela soit “vrai”, il reste un “mais”, un “n’empêche que” — et de taille! Ça fait maintenant vingt ans (la belle âge!) que celui-ci rencontre un succès notable chez les casqués des diverses obédiences. Et que beaucoup n’échangeraient pas leur baril de HD600 contre deux barils d’autre chose…

De même, entre le 600 et le 650 (sorti vers 2003, je crois), la bataille (fraternelle, quand même: il est rare qu’on aille jusqu’au meurtre chez les casqués) fait rage depuis le point de départ. Façon guerre des grosboutiens et des petitboutiens, à la Swift! Chacun a ses partisans, chaque camp a ses arguments.

HD600 HD650 & HD660s: comme un air de famille

Pour ma part, je ne cacherai pas que je suis “plutôt côté 600” — mais pas entièrement. Ou alors j’ai résolu le problème, la quadrature du cercle: vu que j’ai le bras long, j’ai les deux, voire plus! C’est qu’il ne faudrait surtout pas venir à manquer de casques (rien que d’y penser, j’en ai des sueurs froides)… Et je fais même partie de ceux qui ont commencé par froncer du museau à l’écoute du HD800 lors de sa sortie. D’ailleurs, et quoi qu’ayant (aussi! toujours la peur de manquer je te dis!) un HD800 (tweaké SuperDupont), il continue de me faire plisser de la truffe par moment. Secrètement (donc ne le répète surtout à personne), je continue à penser que “ça n’est pas vraiment un Senn”: hé oui! j’attendais un hyper-zeta HD600, et, fatalitas! Ce fut… un HD800…

Alors (le suspense est à son comble) le HD660S: coup de maître ou pas?

Qui plus est, peu de choses viendront gâcher le plaisir, dans la mesure où le tarif — annoncé à 1 euro de moins que 500 — demeure “envisageable”. Soyons tout de même réalistes : par les temps qui courent, ça continue à représenter quasiment ½ SMIC (et, si le salaire moyen net en France est d’environ 1780€, tout le monde justement, ne l’est pas, salarié, et la moitié des habitants de ce pays ont moins de 1200€ par mois pour vivre).

Sennheiser HD660s et son coffret

Cela dit, pour remettre l’église au milieu du village et m’éviter l’indécence de prétendre que ça n’est “pas cher”, voire “bon marché”, reste qu’un HD600 acquis il y a 20 ans pour environ 2000 francs (soit dans les 395€ de maintenant, inflation comprise — ce qui, soit dit en passant, est justement le prix actuel du HD600 neuf) fonctionne toujours aussi bien qu’au premier jour, moyennant un changement régulier des coussins, mousses et bandeaux (lesquels participent aussi à la restitution sonore).

J’ai compté sur mes petits doigts: ça nous fait du 100 francs/15,25€ par an, soit environ 1,25€ par mois…

On peut ici, ce me semble, parler d’un rapport qualité/prix en raison de la fiabilité: Du coup, quelqu’un qui contracterait un crédit, ou qui paierait son HD660S en 10 fois, ne ferait peut-être pas quelque chose de si absurde que cela, s’agissant de satisfaire une passion certes, en elle-même, déraisonnable (et si quelqu’un connaît une passion raisonnable, c’est que… c’est la sienne!).

Notons, au passage, que Sennheiser continue à proposer toutes les pièces nécessaires à l’entretien des HD6XX : câbles, coussins, mousses, bandeau (ils sont interchangeables entre tous les modèles, le bandeau du nouveau-né est le même que celui du 650, lequel, comme on sait, est interchangeable aussi avec celui du 600).

Sennheiser HD660s et son câble standard

Le 660S est livré, comme ses prédécesseurs, dans une boîte, couleur noire (comme celle du 600 — celle du 650 est argentée), mais moins épaisse. Sa livrée est strictement noire (sans le cartouche bleu et le bandeau gris et moucheté du 600, sans le cartouche et le bandeau gris du 650). Ce que les uns trouveront du plus bel effet, les autres, pas réussi du tout. Pour ma part, je trouve ça pratique: ça m’évite de les confondre!

Le logo Sennheiser figure sur les grilles externes, dans un relief obtenu par pressage (les grilles précédentes doivent sans doute pouvoir être employées en remplacement, mais sans le logo).

On trouve également dans la boîte un câble à terminaison jack standard, un adaptateur jack vers mini-jack et — signe des temps — un câble à terminaison mini jack symétrique, qui ravira les propriétaires de DAP haut de gamme.

Sennheiser annonce une sélection des capsules transductrices à +/-1db sur toute la bande passante, une impédance nominale de 150 ohms (plus basse, donc, que la moyenne et plus basse que celle de ses prédécesseurs) et 104 db de rendement pour 1V (96dB/1mW) contre 97db/1V et 103db/1V, respectivement pour le 600 et le 650. Il y a là une orientation vers une compatibilité DAP que je compte explorer, sachant que mon HD600 se marie déjà pas mal avec mon petit iBasso DX50…

Et d’ailleurs, je ne vois pas pourquoi je te dis tout ça, vu que tout est dans le manuel: https://fr-fr.sennheiser.com/global-downloads/file/9386/HD660S_Manual_1017.pdf.

Je sais personne, à part moi, ne lis jamais le manuel…  😆

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://dev.hcfr.fr/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

 

 

 

Comme dit l’adage musicalo-postal bien connu: “Colis reçu, colis ouvru, casque branchu”

Moriarty Echoes From The Borderline

Moriarty – Echoes From The Borderline

 

 

Le HD660 arriva, donc, un beau matin, par les bons offices des livraisons postales, au moment particulièrement bien choisi où j’étais justement en train d’écouter le dernier Moriarty sur Qobuz: Echoes From The Borderline. Live Recording & Auto-Bootlegs sorti par le Label Air Rythmo (et entendu sur France Culture en rentrant par l’autoroute la nuit), qui vient juste de sortir.

 

 

 

Dac MSB - ampli RKV3 - HD660S

Dac MSB – ampli RKV3 – HD660S

Un petit MacMini doté du player PureMusic, branché à une interface Stello U3, écoulait tranquillement son flux via un petit Vovox branché en AES/EBU sur un bon vieux DAC MSB Link 3, et lui-même (tu suis jusque là?) marié à mon petit RKV3, m’en faisait ruisseler les flots dans les feuilles. Tu me diras que j’aurais été en train d’écouter n’importe quoi d’autre, je l’aurais branché directement et que même si je n’avais pas été en train d’écouter de la musique, j’aurais fait pareil. C’est vrai, c’est vrai… Mais que celui qui n’a jamais été impatient de brancher un pareil jouet me jette le premier casque (lentement et en visant bien, que je l’attrape).

 

À froid, tout juste sorti du carton, le HD660 sonne peut-être un peu enrhumé dans le haut du spectre: ce qui me paraît normal; il aura besoin de tourner un peu avant de s’épanouir (une bonne cinquantaine d’heures sur une radio généraliste, ou, comme je l’ai fait, via une playlist kilométrique envoyée grâce à la magie d’Airplay vers un petit système secondaire, lui fait le plus grand bien). Mais, immédiatement, comme sous l’effet d’une tartine de rillettes maisons accompagnées d’une bonne bière (ben non, j’aime pas les madeleines, et j’aime pas le thé!), je retrouve ces bonnes vieilles impressions, souvent éprouvées durant les deux dernières décennies, d’une écoute globale sans complexe, très fluide, très agréable, une restitution superbe, qui plaît immédiatement et ne donne pas envie d’aller chercher midi à quatorze heures ni de s’échiner pour inventer la pendule à treize coups. Grand soulagement (et fin du suspense, peut-être), c’est un Sennheiser “typique”, pleinement dans la veine des HD600 et HD650 — avec, tout de même, des différences que j’entends aussi tout de suite, mais sans arriver à mettre le doigt (ou l’oreille) dessus pour autant. Évidemment, les amateurs d’écoute hyper cristalline, façon chirurgie faciale sans anesthésie, ou, à rebours (ou pour les plus pervers: en même temps), d’un grave à fendre les pierres, du genre Godzilla contre Hulk 2 La Revanche du Retour seront sans doute déçus.

 

Gainsbourg Love On The Beat

Gainsbourg – Love On The Beat

Pour suivre, et approfondir ce premier contact, écoute de l’album Love On The Beat de notre Gaingain national. Je retrouve dans mes notes les remarques suivantes: L’extension dans le grave me paraît satisfaisante et, si je me fie à ma mémoire et si cela reste à vérifier, la restitution me semble, dans ce registre, moins timide que sur le 600, et peut-être plus nette que sur le 650 ; les sifflantes (présentes d’origine dans cet enregistrement), me semblent peu agressives, ce qui paraît indiquer une petite atténuation dans l’aigu, une orientation très Senn — et très saine. Car, je te le dis tout net, pour ma part, je préfère vraiment, sur ce point, le pas assez au trop. De quoi écouter avec plaisir et sans aucun trouble la voix émouvante de Charlotte, délicieuse enfant de 13 ans à l’époque, et, malgré les couinements des vérolés très précieux, l’une des plus belles déclarations d’amour entre père et fille. La fameuse “ambiguïté” n’y est cultivée que par pudeur, ce en quoi n’entrent pas hypocrites, bigots, marmiteux boursouflés, cagots, cafards empantouflés et autres frappards écorniflés passés et présents. Le HD660 arrondit certains angles, certes, mais ça évite de se cogner dedans.

 

Savall Henricus Isaac

Savall – Henricus Isaac

Et, pour finir ce premier petit round, le dernier Savall: Henricus Isaac – au Temps de Laurent de Médicis et Maximilien I — sorti au printemps passé (en mai, fait ce qu’il te plaît) chez AliaVox en SACD (mais là, pas le courage de me lever et d’allumer le lecteur, tout ça à cause de Qobuz, toujours, qui est le meilleur allié des faignants), et dont je ne saurais trop recommander l’achat et l’écoute. Moi qui déteste l’opéra, les cantates et la musique classique vocale en général autant, voire plus, qu’Hadock, la Castafiore (et ce, sans même avoir jamais connu aucun cyclone dans la mer des Antilles), j’aime pourtant le baroque, y compris motets et chansons… Va comprendre et va savoir pourquoi… Comme dans l’album précédent, j’entends bien une petite atténuation dans l’aigu sur cet album, que j’ai pas mal écouté, l’été passé, avec l’AKG K1000 et le HD800 (quand il fait chaud, il faut des casques d’été, et donc, d’autres pour l’hiver: et voilà, comme ça tu sais pourquoi j’ai plusieurs casques).

 

Une lignée de Sennheiser: les HD565, HD600, HD650 et HD660S

Une lignée de Sennheiser: les HD565, HD600, HD650 et HD660S

Pour ma part, j’aurais évidemment préféré une version qui aurait tendu vers le HD545 “Reference”, de belle mémoire, ou, mieux, vers les aigus hyper aérés et la superbe stéréophonie de l’“Ovation” HD565 (car, déjà le HD600 était un poil en recul par rapport à eux, avec en contrepoids cette superbe fluidité, ce naturel qu’on lui connaît) — mais sans le côté “collé au casque” des 545 et 565 (je ne dirai rien des 540 I et II, car leur assise dans le grave était, selon moi, nettement en retrait par rapport aux suivants, donc…). Ça pourrait être la recette d’un casque à venir: La netteté et l’ampleur du grave du 660 + le médium/haut médium naturel, présent et évident du 600 + l’aération et la précision du 565.

Mais basta! reste que ça n’est pas du tout au détriment de l’aération générale, laquelle — car sur du Savall, ça ne pardonne pas — est nettement présente au rendez-vous. Et cela, sans compter que la définition et l’aération “façon 565”, déjà à l’époque, ne plaisaient pas à tous: certains, je m’en rappelle ont très nettement préféré le style du 600. Le HD660S reste, quoi qu’il en soit, dans la lignée de ses meilleurs prédécesseurs.

De plus, avec lui, l’extension dans le grave permet d’entendre de très belles percussions: écoutez A la Bataglia (plage 7), vous m’en direz des nouvelles. Et puis, il y a cette belle fluidité générale, cette absence totale d’agressivité et de stress, qui fait que le casque se laisse “oublier” — ce qui, d’ailleurs, me fait penser au HD600, plus qu’au HD650, avec un petit écart, qu’il va falloir que j’explore.

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://dev.hcfr.fr/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

 

 

Papy part en balade

Led Zeppelin Physical Graffiti

Led Zeppelin – Physical Graffiti

L’heure de ma sieste pré-prandiale approchant (à mon âge, il faut se ménager et je fais donc deux siestes: mieux vaut écouter de la musique couché que de se fatiguer à l’écouter debout), l’idée me prend de brancher le HD660 sur la providence des alités chroniques, un petit DAP, déjà un peu ancien, le iBasso DX50. Et pour commencer, une berceuse ancienne: Physical Graffiti de Led Zeppelin, double album sorti en 75 chez Swan Song Records, qui figure dans ma collection de galettes noires, et que j’ai, en l’occurrence, numérisé en 24/48 pour mon usage de nomade immobile. Tu vas me dire que ça sert à rien de numériser ses 33t, que c’est même un crime, et gnagnagna: à quoi je te répondrai que le jour (à la venue duquel kéké26, je le sais, travaille d’arrache-pied) où on arrivera à passer directement un 33t sur un DAP… Et que mon exemplaire de cet album est un SSK89400 (tout court, sans “O” supplémentaire), en état quasi Mint, que j’ai jadis acheté à Londres (et pas un soir de demi brume). “And if you feel that you can’t go on, in the light you will find the road”: In The Light est un morceau totalement mystique. Donc dans le droit fil de Savall! OK, je t’entends déjà critiquer: en cherchant bien… Mais réécoute un peu Braun-Yr-Aur et tu verras. Bref, ou bien on adore, ou bien on déteste cette esthétique néo-romantique (hé oui!) des années 70.

 

De mon côté, n’ayant nullement l’intention de renier ma jeunesse (poil au nez), j’aime beaucoup. Certes, j’ai dû régler mon DX50 sur gain haut et pousser le volume jusque vers 215/220, mais le couplage fonctionne: “there can be no denying”. On est certes nettement en dessous du résultat que j’obtiens quand j’y branche mon Odin, c’est moins ample et moins percutant dans le grave et le médium est un peu plus sec, un peu moins riche… Mais le différentiel est-il réellement de 1 à 5, voire, est-il aucunement calculable?

J’avoue que je n’en sais fichtre rien. Pour moi, il ne manque rien ici à ce que l’on peut appeler de la hifi: j’ignore évidemment comment ces morceaux sonnaient dans le studio le jour de leur enregistrement, mais ce que j’entends est proche de tout ce que j’ai entendu, jusqu’ici, sur des systèmes qui, par ailleurs, me semblaient les meilleurs. J’en viendrais (rassure-toi: presque) à me demander pourquoi on se casse la nénette à acheter des appareils chers et encombrants… Un DAP, un câble à la bonne longueur, une paire d’enceintes actives (par exemple des Adam A77) et roule ma poule.

Qui plus est (car j’ai évidemment coupé l’EQ), il y a assez d’extension dans le grave pour que la batterie et la basse soient lisibles sans besoin d’une concentration particulière (qui serait nuisible à la sieste). J’ai pas mal utilisé le HD650, ces derniers temps, et écouté cet album sur ce petit DAP, il y a peu — et l’idée m’a donc pris d’une petite comparaison. Le début de Ten Years Gone et sa ligne de basse est moins flou, moins mou avec le HD660 qu’avec son grand frère — et ça n’empêche pas que la lead guitar soit aussi brillante, quoique sans nulle agressivité, qu’avec le 600: “everybody needs the light”…

 

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Trois Senn pour les rois Elfes sous le ciel

La sieste étant finie et le surlendemain étant venu, je passe à quelques petites comparaisons entre le 660 et le 600, d’une part, et le 650, de l’autre. Premier morceau: Sorry Angel de Gainsbourg, deuxième titre de Love On The Beat, sorti en 1984, dans lequel, peut-être, on peut entendre la rupture d’avec sa compagne, Jane. À la comparaison directe, la différence dans le registre du grave, si elle est “petite”, n’en est pas moins présente. Non pas tellement que le 660 descendrait plus bas que le 600, mais il me paraît, plus net, plus détouré dans cette région. En revanche, les choses sont un peu plus évidentes dans le haut médium/aigu, qui est moins présent que celui de l’ancien, plutôt du genre du HD650. Certes, seule une comparaison immédiate permet d’entendre comme un petit retrait, en termes d’aération plus que de précision. Cela étant, ceux qui trouvent que le HD600 en “fait un peu trop” autour de 3/4kHz (mais si ! je t’assure, il y en a, ça existe!) seront sans doute ravis. Pour ma part, je pense malgré tout que le 660S “enveloppe” un peu les choses et gomme certaines aspérités, car j’ai toujours entendu — pas seulement sur du Sennheiser, mais sur de nombreux systèmes — la voix de Gainsbourg mise un peu en avant et les sifflantes un peu accentuées sur ce disque (ce que j’attribue à la prise de son plus qu’à autre chose).

 

Gainsbourg You're Under Arrest

Gainsbourg – You’re Under Arrest

L’écoute du morceau You’re Under Arrest, tiré de l’album éponyme de 1987 permet d’approfondir un peu les choses. Écouté en premier avec le 660S, je ne trouve franchement rien à redire: Je pourrais, selon la formule, “vivre avec”. Avec le 600, j’entends effectivement un peu plus l’insistance sur les sifflantes de la voix, l’aigu de la guitare, c’est-à-dire un peu plus d’appui quelque part dans le bas de l’aigu ou le haut du médium. Le registre grave, cependant, me paraît un peu moins net qu’avec le premier. La ligne de basse reste facile à suivre, mais elle est un peu retrait sur le 600 et plus précise sur le 660. Avec le 650, je retrouve le même un côté un peu “feutré” dans (le bas de) l’aigu (ou le haut du médium) qu’avec le 660S. Le registre grave, s’il semble très proche, est, à mon goût, meilleur sur le petit nouveau. Évidemment, je me garderai bien d’aller jusqu’à dire que le 650 donnerait dans la flatulence haricotière, mais — et ça n’est pas la première fois que je me fais la réflexion — il présente un grave qui manque d’impact, avec une sorte de confusion ou d’effet de masque dans le haut grave. Repasser directement au 660S me donne le sentiment que c’est plus précis, plus net, plus “dégraissé”, comme on dit, et que quelque chose comme un petit voile qui se lève dans ce registre. Ça n’est pas un 600 avec plus d’extension dans le grave, mais plutôt un 650 qui “tendrait vers le 600”, sans donner autant de présence dans le haut médium, et qui aurait surmonté ses petits défauts dans le bas — tu vois ce que je veux dire (et si tu ne vois pas, c’est quand même pas ma faute si les mathématiques casqueuses et la science casquüesque n’en sont encore qu’à leurs balbutiements!).

 

Quatuors à cordes de Raymond Murray Schafer Quatuor n°1

Quatuors à cordes de Raymond Murray Schafer Quatuor n°1

L’écoute du Quatuor n°1, dépourvu de titre, composé par Raymond Murray Schafer sur la commande du Quatuor Purcell et joué pour la première fois par eux à l’été 1970 (et qui lui a valu, en 1980, le prix Honegger), dans la version des Molinari, me procure le même son de cloche casque: un alto plus onctueux avec le 660 qu’avec le 600, et un violoncelle carrément crémeux avec le 650 (carrément 30% de matière grasse, bon pour la baratte, un plus par ces temps de pénurie de beurre). Ces différences se rapprochent, à mon goût, plus de celles qui séparent des salles de concert différentes, et ne me semblent pas de l’ordre de différences dans la restitution des timbres, car chaque instrument reste facilement identifiable. On n’a ainsi pas l’impression que l’un des casques présenterait un “défaut”, mais, à la comparaison directe, les différences les plus nettes sont, d’une part, dans le grave entre le 660 et le 650 (là, le 660 est plus proche du 600, mais en plus un peu plus net), et, de l’autre, dans le haut médium/aigu 660 et le 600 (où le 660 est plus proche du 650). Et j’ajoute que, pour ma part, quand je passe du HD650 au HD600, j’ai toujours eu l’impression que ça révélait une sorte de voile sur le premier — à moins que ça ne fasse entendre une sorte de “fraîcheur” générale sur le second diront les autres (ce que je ne pense pas pour ma part, le 600 n’étant pas à mon sens un casque “clair”).

 

Certes, on retrouve, sur le 660, en partie au moins, un peu de la timidité dans le grave que beaucoup ont pu reprocher au 600, mais avec à la clef plus de netteté dans les traits du violoncelle. De plus, à la comparaison directe entre ces deux casques, j’ai moins cette impression de léger “voile” que provoque le 650.

Alors oui, je me dis que, dans l’absolu, on pourrait avoir un peu plus d’ampleur dans le grave, un peu plus d’aération dans le haut du spectre, mais comme tout est bien en place, sans aucune impression de mélanges ou de superpositions qui viendraient troubler les effets de modulation dans le haut grave ou le bas médium, la restitution générale est très réussie.

En clair, c’est un casque plus net et plus précis que le HD650, avec juste un petit retrait, quelque part dans le haut médium ou l’aigu par rapport au HD600, ce qui en fera un casque encore plus relaxant et reposant sur des écoutes longues. Mais il faut noter ça “s’oublie” en quelques instants quand on écoute de la musique. Ce qui, évidemment, rendra difficile la décision pour ceux qui se demanderaient s’ils doivent changer leur 600 ou leur 650 pour le 660…

Luc Ferrari Symphonie Déchirée

Luc Ferrari – La Symphonie Déchirée

Je termine cette comparaison par l’écoute du Jeu des objets, 2nd mouvement de la Symphonie Déchirée de Luc Ferrari, écrite au milieu des années 90, et créée pour la première fois par France Musique en 2000 (le 30 octobre: j’ai cet enregistrement dans mes archives), ici, dans l’interprétation proposée par l’ensemble Ars Nova (enregistré près de ma ville natale en 2007 et où j’ai jadis vécu, mais malheureusement je n’y habitais alors plus) et sorti en 2013 chez Res Musica. Commençons par le 660 : “tu es content là ?”, demande la voix — “ça va, ça va”, ai-je envie de répondre, mais pas la peine, car une seconde voix répond: “ah ben, ça, ça va!… non c’est bien!…” Se confirme, pour mes oreilles, les mêmes tendances que précédemment en passant du 660 au 650, avec un petit effet de brouillage d’écoute (si, si!) sur ce dernier, dans le bas et un haut médium et un aigu proches, ce qui donne envie de monter le volume pour récupérer de la lisibilité (sachant que le 660 est un peu moins gourmand que le 650, il est bien possible que la différence passe inaperçue si l’on ne prend pas soin de repérer les niveaux identiques). “Je me le mets en tête, donc là, c’est délivré à fond” dit la voix: moi aussi et toc! passage au HD600. Son délivré, je ne sais, mais ça me semble, sur le plus âgé des trois, un plus aéré quoi qu’avec un peu moins d’ampleur: comme si l’Hippodrome de Douai avait un peu rétréci. Cela étant, comme demande la première voix: “ben, il fait moins froid ici, hein?” Donc, pour moi, c’est assez clair, le choix ne se jouerait pas entre le HD650 et le HD660, mais entre celui-ci et le HD600 — dont je regrette, malgré tout, la si belle présence dans le médium/haut médium. Je serais, donc, bien incapable de trancher… Ou alors… les deux!

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://dev.hcfr.fr/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

 

 

Un “petit” qui n’a pas peur des “gros”?

 

Gilmour Live At Pompeii

David Gilmour – Live At Pompeii

À la demande générale d’une ou deux personnes, j’ai aussi comparé le HD660S à mon HD800 — quoique cela ne soit pas très fair-play, ni, donc, très instructif. Certes, chacun devrait se souvenir qu’il est toujours possible, en payant beaucoup plus cher, d’obtenir beaucoup moins bien. Mais dans le cas présent, en écoutant le Live à Pompéi de Gilmour, le miracle ne se produit pas. Certes, le HD660S ne laisse pas d’impression de manque, mais le passage sans transition au HD800 (SD) fait clairement entendre une extension supplémentaire dans le grave et, surtout, une aération très nettement supérieure sur le plus coûteux des deux. C’est, comme on dit, comme un voile qui se lève. Reste que, reste que… À l’endroit où l’équilibre général du HD800 peut frustrer les fans des Sennheiser “classiques” (pur jus de la treille, élevés en plein air et nourris bio), à savoir le médium, je continue à le trouver moins plein, moins riche. De là, à mon sens, l’envie qui prend de monter le volume pour rattraper un peu de présence sur les voix. Certains diront que c’est la rançon de la qualité, voire son avantage, que de pouvoir monter le volume pour s’exploser le cinéma: ça reste à voir, diront les autres. Évidemment, si je devais à toute force, ce qu’aux Dieux ne plaise, choisir entre les deux casques, je garderais probablement le 800… Mais, à considérer le tarif (qui pourrait aussi grimper côté ampli pour le HD800) et en adoptant le point de vue de qui voudrait se monter un système dédié au casque, la question pourrait se poser autrement, et la conclusion être opposée. Car je doute que le HD800 apporte vraiment 2,6 fois plus que le HD660 — et d’ailleurs, je ne sais comment mesurer pareille chose.

 

Arvo Pärt Tabula Rasa

Arvo Pärt – Tabula Rasa

À l’écoute de Tabula Rasa d’Arvo Pärt, par Gidon Kremer et Alfred Schnittke, sorti en 1984 chez ECM: jeu et silence — mais, cette fois-ci, en commençant avec le HD800. Ah! le début tintinnabulant de la deuxième partie! La première fois que j’ai entendu cette pièce, il y a plus de trente ans, sur France Musique, j’avais été irrésistiblement poussé à aller chez le disquaire (on en trouvait encore, à l’époque, qui savaient ce qu’ils vendaient) pour acheter ce disque. Là-dessus, je dois bien reconnaître que revenir du HD800 vers le HD660 donne de ce dernier une cruelle impression sur le chapitre de l’aération — un voile venant se poser sur l’ensemble — et sur celui de l’image sonore, plus “collée au casque” et nettement moins large. Ça ne fait pas sombrer le 660S dans l’infamie, entendons-nous, mais t’es prévenu: si tu vas essayer le petit, n’essaie pas le gros (à moins d’être prêt à sortir le budget qui va avec, même si pour ma part je dirais que, dans ces tarifs-là, il y a du monde au balcon et qu’il faudrait prendre le temps d’écouter d’autres choses). Je ne sais si “l’échelle des tarifs est respectée” (formule de marketing qui n’a aucune signification précise à part de tenter de créer le désir), mais en tout cas, l’écart est indéniable, qui sépare un (très?) grand casque d’un très bon casque. Certes, le HD660S est dans la gamme du dessous, mais il n’a pas à rougir de la comparaison.

 

Ce que révèle surtout cette comparaison, à mes oreilles, c’est que la restitution du 660s est bien “intégrée”, qu’elle ne donne pas l’impression de tout miser sur un registre (le grave, ou le médium, ou l’aigu), et reste honorablement aérée. Évidemment l’image sonore du HD800, son espèce de bulle élargie, ajoutée à l’ampleur qu’il propose, donne une restitution spectaculaire et agréable, à quoi l’on peut ajouter le confort nettement supérieur, avec une impression de poids nettement moindre en raison d’une pression d’arceau (clampling) supérieure sur le 660: 330g pour le 800 contre 280g pour le 660s; à noter, au passage, que les 600, 650 et 660 sont identiques de ce point de vue, et que si, avec le temps, la pression d’arceau diminue très légèrement sur ces modèles, ce sont plutôt les coussins qui ont tendance à se tasser avec le temps (et qu’il faut les changer régulièrement si l’on veut bénéficier réellement de leur restitution, en particulier dans le grave).

Restent, côté 800, d’autres restrictions: difficile, par exemple, de l’utiliser dans un contexte nomade ou sur un baladeur. Certes, le 660s n’est pas fait pour prendre le métro, mais il n’en est pas moins un peu plus polyvalent, et n’a pas à rougir face au grand frère. Sur ce point, l’usage tranchera et, avec lui, l’état bancaire de l’amateur.

 

Dvorak Quatuor Américain Fine Arts Quartett

Dvorak Quatuor “Américain” par les Fine Arts

Dernière tentative, pour achever ce cycle: le Quatuor “Américain” de Dvorak par les Fine Arts (quatuor fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à Chicago), disque sorti chez Lyrinx en 1998, il y a tout juste 19 ans à quelques jours près (http://fineartsquartet.com/history/) — en commençant par l’écouter avec le HD660S. De cette pièce je ne dirai rien, à part que l’interprétation des Fine Arts est sublime, que le premier violon propose un chant vibrant et plein d’émotion, une complainte funèbre pleine de lyrisme (aux mélancoliques profonds, je suggère de passer directement au final). Certes, certains préféreront le côté métronomiquement précis et performant des Prazak chez Praga (pour ma part je trouve que ça manque tout de même de cœur), ou, à l’inverse, le côté totalement Europe centrale, à la fois endiablé et d’une couleur inimitable (on entend distinctement l’odeur des cordes et de la colophane) des Panocha (Supraphon), ou encore celle, aussi sentimentale que subtile, des Hagen (chez DG). Pour ma part, je mets la version des Fine Arts à égalité avec celle des Hagen (et je trouve que les Panocha en “font trop”) et le superbe enregistrement de chez Lyrinx ne gâche rien, au contraire.

 

Là encore, le HD660 ne faiblit nullement, ni sur ce premier mouvement, ni sur le final: le placement des musiciens, la discrimination des timbres, la légèreté et le chant incisif du premier violon, son brillant (et son brio), les traits incisifs, mais jamais agressifs, tout y est et il ne manque rien. Et aucune coloration inopportune ou assez prononcée pour venir gâcher le plaisir. Le 660 présente sans doute, pris dans l’absolu, une signature très nette, avec un médium très présent, mais pas de doute, ce type de restitution, justement, me plaît énormément.

Par comparaison, d’ailleurs, le HD800 n’ajoute pas grand-chose, à part un premier violon plus présent (trop présent? importun? qui tire la couverture à lui?), et il se pourrait même que son médium un peu désincarné, qui fait reculer l’alto, sans ajouter énormément d’ampleur au violoncelle… Je n’ajoute rien, car on finirait pas croire que je suis de parti pris — ce qui est d’ailleurs exact.

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://dev.hcfr.fr/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

 

 

Mais enfin! Y’a pas que Sennheiser dans la vie!…

 

Zénith Made In Nougaro

Claude Nougaro – Zénith Made In Nougaro

Mais que vois-je sur l’une de mes patères (noster), sinon un bon vieux Beyer DT990 (version Manufaktur 600 W)? Dans la mesure où je veux bien admettre (à l’extrême rigueur), qu’il se pourrait que d’autres firmes que Sennheiser fassent des casques (même si ça me paraît improbable), une petite comparaison paraît s’imposer. En avant pour un petit Nougayork, tiré du Zénith Made In Nougaro de 1989 (chez WEA): une attaque qui claque comme un coup de trique provoque un choc direct au cœur… Le côté Big Band de ce concert est bien présent avec le 660, écouté pour lui-même. Comme quoi l’aération et l’ampleur, quand bien même en retrait vis-à-vis du HD800, sont suffisantes pour écouter du live sans frustration. Passons au 990 (t’as noté que 990, c’est un 660 dont les chiffres ont été renversés par le vent?): Ouille! Ça faisait un moment que je n’avais pas fait une comparaison révélant à quel point ce casque présente une signature en V, avec un grave qui fait boum boum en bas, et, de l’autre côté des terres du milieu, une pointe de luminosité qui, du coup, sonne de manière artificielle!… Ce n’est certes pas un mauvais casque (j’aime assez l’employer pour regarder des films, en particulier anciens), mais, en comparaison directe avec le HD660S et sur ce morceau, je trouve que ça manque singulièrement de subtilité. Cette impression a beau “disparaître” après quelques instants, vu qu’on s’habitue à tout, le retour au Sennheiser confirme, en tout cas chez moi, une nette préférence pour ce dernier, pour son registre grave plus net et plus détouré, et son très beau médium, quand bien même l’écoute est assez descendante.

 

Higelin àMogador

Higelin à Mogador

“Qui c’est qu’a foutu de la flotte sur mon piano?!” Inaugurant l’année 81 à Mogador (et quelques semaines plus tard chez EMI Pathé Marconi) avec une quinzaine de chansons et deux plombes de concert, c’est un Higelin survolté et au mieux de sa forme, drôle, jouant avec le public, improvisant. Tout comme on l’aime notre Jacquot! D’ailleurs, c’est pour moi resté très longtemps son meilleur live (mais bon, j’ai aussi tous les autres, ainsi que tout le reste, évidemment). Il y a, avec le HD660, une netteté dans la séparation des différents instruments qui est tout à fait enviable, ce qui explique, je crois, la facilité à suivre, l’impression que tout coule de source et qu’on “y est”. Un petit coup de K701 pour suivre et pour voir. La restitution est très nettement plus claire, même si c’est loin d’être désagréable. Reste que, côté ampleur et assise, le K701 n’est pas à la hauteur. Tu me diras, car je connais ta malice, que si c’est ça, je n’avais qu’à choisir le Q701 (car le Q est plus gras que le K). Ça tombe bien, vu que j’en ai un dans une version noire.

 

Mais là encore, s’il est vrai que la version Q701 donne plus d’ampleur que la version K, et même si ça descend plus ou moins à l’identique dans la région grave que le HD660, c’est plus une question de qualité qui me fait placer ce dernier devant (ce que je ne ferais pas, avec le HD650, ni vis-à-vis du 701 ni par rapport au DT990). Et puis bon, on ne se refait pas, j’aime beaucoup le côté relax et sans prise de tête du HD660 — de même que, pour la même raison, j’ai beaucoup aimé — et aime encore — les HD650, 600, 580, 565, 545 et 540. Car, à la longue, l’écoute détaillée des K701 et Q701 s’avère un peu stressante, sans ajouter grand-chose de plus…

Cela étant, je reconnais que ça se discute, comme toute chose, et que les goûts de chacun seront ici déterminants: ceux qui ont toujours préféré les AKG au “son Senn” peuvent y voir une indication en direction du choix inverse — quoique pour les mêmes raisons.

 

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Enfin sur le point de conclure!

 

Mais zalors, demanderas-tu, que conclure de tout cela? Rien de conclusif, car c’est pas mon genre de conclure à la place des autres: j’ai déjà du mal à conclure pour moi, tu voudrais pas, en plus, que je t’aide à conclure? Disons que, dans mon échelle de goût, celle d’un amateur du “son Sennheiser” depuis fort longtemps, il est certain que le HD660 ne décevra pas. Et même, je préfère être clair, histoire que tu ne viennes pas me dire plus tard que je t’ai pris en traître: un jour (ou l’autre), il sera mien (et nous écouterons à nouveau de la musique ensemble)!

C’est un casque capable de beaucoup de choses, qui propose une restitution agréable et bien intégrée, avec un peu moins de présence peut-être que le HD600 dans le haut médium/aigu, un peu feutré, mais qui m’a paru un peu moins voilé dans son équilibre général que le HD650.

De plus, s’il ne me semble pas descendre plus bas que ce dernier, voire présenter une ampleur identique, je crois qu’il le fait mieux, de manière plus nette et plus précise.

Est-ce le “casque parfait”? Certes pas. On peut évidemment “trouver mieux” (mais ça sera plus cher). Mais surtout, on peut aussi trouver pire (et ça pourra aussi être plus cher).

La question serait de savoir si à son tarif actuel public on peut trouver mieux, voire aussi bien dans le marché actuel. C’est bien possible, mais, là, comme ça, je n’ai aucun modèle qui me vienne à l’esprit… Le seul qui me paraîtrait offrir mieux (pour un tarif moindre), ça serait le K340 — mais outre que c’est une “vieille casserole”, côté amplification, ça ne serait pas la même chanson.

Le HD660 présente, de plus, un côté plus versatile que les HD600 et 650 d’antan (et, a fortiori, que les 540, 545, 565 etc.), la possibilité d’un usage nomade ou semi-nomade, ou autre (même branché sur la prise casque de mon préampli AV, le résultat, sur du visionnage de film est assez bon, alors que cette prise casque…). Je suis convaincu qu’un trio composé de ce casque et (au hasard!) d’un Amity HPA9 et (r’au hasard!) d’un lecteur de CD N301 de chez Yamaha (ou d’un lecteur BD S681 du même constructeur) offrira un système casque dédié à tarif “contenu” (entre 1100 et 1400 €), qui fera de la musique pendant des années. Au suivant!

 

Eric_dub
HCFR – Décembre 2017

 

– Prix Public : 499€

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://dev.hcfr.fr/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

– lien vers la page du site Sennheiser dédié au casque HD660S : https://fr-fr.sennheiser.com/casque-audiophile-high-end-hd-660-s 

 

 

 

 

HD660S 3

Sennheiser HD660S

“Le roi est mort, vive le roi!”

Test HCFR

par

Eric_dub (1ère partie p. 1 -> 7),

Julien_cleriensis (2ème partie p. 8 -> 9),

André_ajr (3ème partie p. 10)

 

 

 

Devant l’article fort riche de mon collègue Eric_dub et par manque de temps je vous l’avoue bien volontiers, je ferai concis, on ne lutte pas contre la plume aux envolées lyriques d’un dub national au talent littéraire aussi affirmé que notre regretté Jean d’Ormesson. Aussi quelques mesures et quelques analyses que je rendrais les plus objectives possibles.

 

Que donne notre ami HD660S face au légendaire HD600, le roi des bandeaux de console depuis plus de deux décennies?

Certes pas de doute là-dessus il s’agit bien d’un casque Sennheiser, il en a la livrée et les caractéristiques sonores.

Côté livrée :

Je trouve qu’il est un peu dommage que Sennheiser n’ait pas sur ce coup, vu les choses en peu plus en grand, c’est assez plastique et ennuyeusement sombre, comme si la cible était avant tout les professionnels du son dont je suis. Certes nous aimons le sobre, mais point le sombre, quoique sombre soit sobre auquel on rajoute M… certes, parfois je ne suis pas la logique.

Hormis cela, la boîte en carton dur ancestrale est de bonne fabrication, toujours pas de système de fermeture, ce qui est quand même très très ballot comme on dit, là aussi une petite amélioration aurait été bienvenue, celle qui a vu des HD600 et des HD650 depuis des décennies avec en sus un adaptateur mini-jack, il est loin le temps de nos walkmans Sony.

Aujourd’hui il y a pléthore de DAP qui soumettraient à leur guise des casques autrement plus exigeants que ce HD660S. Car oui parlons-en, il est assez simple à bouger, certes il faudra comme bon nombre des casques électrodynamiques, veiller à lui choisir un ampli avec une impédance de sortie très basse, sous peine de voir le bas-médium se prélasser un peu trop ostensiblement.

Pour le reste peu de watts seront nécessaires pour le faire chanter, mais sans aucun doute une électronique de qualité et de mon point de vue rigoureuse, sera tout particulièrement recommandée. J’ai pour ma part utilisé la sortie casque de mon interface professionnelle merging HAPI et mon fidèle Lehmann BCL.

Le Lehmann BCL a été l’ampli sur lequel ont été conçus des casques prestigieux comme le HD800, donc un allié de choix dans l’écoute des casques Sennheiser.

 

Côté son :

Ce côté Son, je le qualifierais d’hybride entre un HD650 et un HD600. Il reprend la précision du son d’un HD650, l’améliore encore, avec une signature entre un HD600 et un HD650 en y rajoutant plus de définition dans le grave et dans une moindre mesure dans le médium. Cela dit je n’affirmerais pas cela, car je n’ai pu faire de comparaison directe entre le HD600 que je n’ai plus et ce HD660S, car ayant possédé à la fois un HD650 et un HD600 pendant des années, je me fie à mes impressions sur ce point précis, il est important de le souligner.

Je regrette donc la plus grande rigueur fréquencielle du HD600 et j’attendais d’avantage un super HD600, qu’un hybride HD650-600. Mais je constate et c’est en contradiction avec la livrée sus-décrite, qu’il a un penchant d’avantage hifiste que monitoring, mais hifiste équilibré, redoutablement équilibré.

D’un point de vue hifi, il est assez réussi, l’équilibre spectral est réussi et cohérent, jamais agressif, au détriment d’un petit manque d’aération, car sur ce point un LCD-2F sonne plus incisif et plus ouvert. Il y a juste ce qu’il faut de rondeur dans le bas-médium, un peu flou par rapport à des casques plus ambitieux, le grave chute un peu court, mais c’est le lot de nombreux casques electrodynamiques, on a l’impact mais pas l’énergie.

Les différences en terme de réponse fréquencielle ne sont pourtant pas énormes entre un LCD-2F et un HD660S, ces deux là sont des faux-jumeaux, tant la signature de l’un rejoint celle de l’autre, c’est très étrange, les deux venant de contrées bien différentes.

comparaison fréquentielle, HD660S en vert et LCD-2F en jaune, canal droit, le trou à 6,8 khz est un artefact de mon rig de mesure.

Cependant, là encore, bien que le haut-médium (entre 3khz et 5khz) soit très légèrement plus énergique sur le HD660S que sur le LCD-2, ce dernier sonne plus ouvert et diablement plus détaillé sur tous les registres, surtout sur le grave qui a plus de texture et d’extension, le bas-médium, point très fort du LCD-2 est beaucoup plus défini, c’est bien normal me direz-vous on ne boxe pas dans la même catégorie, ce à quoi je vous répondrais, oui, sur ce coup, car parfois on a des mauvaises surprises.

On a donc un son de haute tenue, pas loin en qualité de celui du LCD-2 pourtant deux fois plus cher et qui demeure pour l’instant à mes oreilles et aux mesures le meilleur rapport qualité prix du marché actuel, très bien placé en rapport du coût de l’engin, inversement proportionnel à sa modeste qualité esthétique, de la belle ouvrage, messieurs, ou mesdames d’ailleurs, les allemand(e)s, bravo.

 

Le son Sennheiser.

J’en parle parce qu’il y a bien un son Sennheiser, que l’on retrouve sur tous les modèles que j’ai eu sur les oreilles, ce n’est pas une signature fréquencielle typique, comme chez Grado, en effet qui pourrait affirmer qu’un HD800 sonne comme un HD600 ? Alors que très certainement il y a une filiation forte entre un SR380i et un PS1000.

Non c’est je crois, la vision d’un constructeur, une idée qu’il se fait d’un son neutre, comment un transducteur apporte le moins possible sa patte… encore une fois pas en équilibre fréquenciel, à mes oreilles un HD800 n’est pas équilibré, là où un HD600 à mon avis fait beaucoup mieux sur ce point, mais dans la manière de reproduire ce son.

Il y a quelque chose d’aseptisé, ce qui par contradiction, donne à mon sens l’inverse du but recherché, tout sonne de manière un peu systématique, comme l’odeur d’une voiture neuve, ça sonne un peu plastique, un peu trop uniforme, comme légèrement flouté, homogénéisé, on a pas la rutilance des cuivres, le grain des cordes n’est pas tout à fait crédible et semble toujours identique d’un orchestre à l’autre. Pourtant tout est à peu près là sans déséquilibre outrancié.

Bref il n’y a pas de critique à formuler, sauf que peut-être on attendrait d’un casque visant à mon avis, un public plus hifiste que professionnel (c’est là sa différence avec un HD600 et sa similitude avec un HD650), soit d’avoir une personnalité un peu plus marquée, soit d’être plus versatile et par conséquent plus neutre, finalement on s’éloigne de l’intransigeance d’un rendu monitoring ou la moindre information musicale transparaît immédiatement, comme ce fut le cas lors de mes deux écoutes récentes de deux systèmes de monitoring hors norme, les SM9 de Focal et les A-21M de PSIAudio. Tous les enregistrements passent bien, on perçoit les déséquilibres quand ils sont marqués, mais ça arrondit un peu les angles, encore d’avantage que le LCD-2, qui est plus précis plus monitoring du coup, tout en ayant une signature très proche.

 

Réponse fréquentielle HD660S, canal droit bleu clair, canal gauche bleu foncé, lissage à 1/12, on remarque un appairage absolument exemplaire.

Réponse fréquentielle HD660S, canal droit bleu clair, canal gauche bleu foncé, lissage à 1/12, on remarque un appairage absolument exemplaire.

L’image est assez casque, elle n’est pas aussi précise que des casques plus ambitieux comme l’Utopia par exemple, pour deux raisons, le léger manque de définition générale et la trop grande latéralisation qui semble être une marque de fabrique chez Sennheiser au détriment d’un sentiment de profondeur, néanmoins elle reste bien construite aidée en cela par un appairage des drivers exemplaire, ce qui est à souligner dans cette catégorie, vraiment exemplaire et une réponse fréquencielle très homogène et équilibrée.

Tout ce propos est à remettre dans un contexte, car on est dans une gamme quand même relativement accessible et sur ce point, il n’y a pas grand-chose à dire, c’est efficace, rigoureux, niveau performance on en a pour son argent, c’est un peu plus performant qu’un HD600 pour un peu plus cher, la logique est respectée, ce qui tend a devenir exceptionnel dans le monde des casques de nos jours, c’est assez net pour le souligner. Si d’avantage, les messieurs de Sennheiser me lisent je leur tire mon chapeau, mais je leur demande comme une grâce…

… faites nous la prochaine fois un BEAU casque, il ne suffit pas qu’il soit BON. Et sans pour cela chercher dans l’extravagance…

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://dev.hcfr.fr/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

 

 

 

 

 

Côté technique :

Niveau mesure RAS, on est dans du très bon. Réponse fréquencielle homogène, ne pas tenir compte du trou à 6,7khz ( présent aussi sur mon LCD-2) il n’existe pas à l’écoute, c’est un artefact de mon système de mesure. Pour les autres mesures je m’appuie sur celles réalisées par l’excellent site DIY-Audio-Heaven, https://diyaudioheaven.wordpress.com/headphones/measurements/brands-s-se/hd660s/. Lisez également la notice explicative sur la lecture des courbes de mesure, très interessante.

réponse impulsionnelle, canal droit HD660S

réponse impulsionnelle et step réponse, canal droit HD660S

Elles me semblent plus fiables que celle de mon rig actuel, et le sont certainement, en attendant d’avoir mon setup miniDSP EARS, je mets les miennes également, en mirroir. La réponse impulsionnelle est très propre et la step réponse montre un manque de sous-grave et un grave un peu en retrait, par contre la montée est très bonne et la chute sans ringing marqué, mais s’affaisse rapidement, la faute à un grave sub-grave en retrait, sur mon set c’est moins bon mais reste tout à fait bien et je ne doute pas que cela vienne de mes micros de mesure, d’avantage que du casque.

THD à 60db, canal droit.

THD à 60db sur mon rig, canal droit. 0,2% à 1khz, 4% à 20 hz

 

La THD est très basse 0,2 % à 1khz pour 90db, un peu plus haute dans le grave que celle mon LCD-2 ( 4 % à 30hz pour 90 db, contre 2 % pour mon LCD-2). Bref pour la gamme, vraiment du très bon boulot, je n’en attendais pas moins de Sennheiser, chez les allemands on ne badine pas avec la qualité.

 

En conclusion :

Le roi est mort, vive le roi ! Sennheiser a pris son temps et a tenu sa promesse, ne pas bouleverser la donne, lui assurer pérennité pour les 20 ans à venir. On a un casque équilibré, typé Sennheiser, très performant, les possesseurs de HD600 ou 650 ne seront pas dépaysés. Je regrette un statu quo esthétique et qualitatif dans les matériaux et le design, même si l’on écoute un casque plus qu’on ne le voit, un peu d’élégance ne fait pas de mal et peut être pour certains un éléments décisif dans le choix final.

Voilà je vous avais promis quelque chose de court, je tiens ma promesse. Au plaisir de vous retrouvez pour un prochain épisode, amis casqués.

Julien_cleriensis
HCFR – Décembre 2017

 

– Prix Public : 499€

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://dev.hcfr.fr/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

– lien vers la page du site Sennheiser dédié au casque HD660S : https://fr-fr.sennheiser.com/casque-audiophile-high-end-hd-660-s 

 

 

 

 

 

HD660S 2

Sennheiser HD660S

“la Golf TSI DSG de la Hifi”

Test HCFR

par

Eric_dub (1ère partie p. 1 -> 7),

Julien_cleriensis (2ème partie p. 8 -> 9),

André_ajr (3ème partie p. 10)

Sennheiser HD-660 S, la Golf TSI DSG de la Hifi :

C’est la pensée qui m’est immédiatement venue lorsque j’ai reçu ce casque par les soins de Julien_cleriensis qui venait de le tester et après son commentaire sur la qualité de fabrication et l’aspect physique de ce nouveau casque Sennheiser.

Car, je pense que l’analogie ne paraîtra certainement pas farfelue si après avoir ouvert le coffret de ce HD-660 S et l’avoir attentivement examiné sous toutes les coutures, l’on prenait la décision d’aller découvrir l’intérieur d’une Golf de VW chez un concessionnaire.

C’est très bien assemblé, même s’ils ne sont pas luxueux, les matériaux employés sont de très bonne qualité. Le sérieux intemporel et une sobriété qui ne fait pas courir le risque de passer de mode. Le confort, le côté rassurant d’un véhicule sonore conçu par une très grande marque qui peut vous emmener sans problème n’importe où et pour pas encore trop cher par les temps qui courent.

En Afrique pour écouter Rokia Traoré. En Asie pour rencontrer le koto de Mieko Myiazaki et la flûte de Lagrost. En Amérique du sud pour danser le tango, puis, la samba à Rio. Le HD-660 S permettra de faire une halte à la Nouvelle Orléans et ensuite un saut très plaisant jusqu’à Paris lorsque se produisait Diana Krall avec quelques extraits de son excellent CD Loves Scènes particulièrement bien appréciés.

Kary Bremnes en Norvège avant de s’envoler avec Jacques Brel vers les Marquises (malheureusement sans Jojo) mais, après avoir quand même dit leurs quatre vérités aux F…
Le retour en Europe peut parfaitement être envisagé en accostant en Italie où nous attendent Cecilia Bartoli et Guiliano Carmignola pour nous rappeler qu’il y a quatre saisons dans l’année et que certains opéras avaient pu être interdits à Rome à une certaine époque.

En revanche, le passage en Angleterre pourrait ne pas être très apprécié si l’on envisage de plutôt fréquenter les petits club où se produisent de jeunes groupes de rockers que le Festival lyrique de Glyndebourne en tenue de soirée.

Au terme de ces très beaux voyages, tout en confort, sécurité et volupté, à l’issue desquels on ne ressent vraiment aucune fatigue auditive. Force est de constater que nous aimerions peut-être les refaire en prenant cette fois des routes d’altitude plus cahoteuses à la place de l’asphalte musical et avec un casque moins sérieux.

Bien que ce nouveau Sennheiser se tire sans dommage de la grande majorité des ornières sonores qu’il pourrait rencontrer. Celles où il est permis de côtoyer les cimes que le HD-660 S ne permettra pas d’atteindre et que seuls certains bolides sonores très haut de gamme et beaucoup, beaucoup plus chers permettront de franchir.

Néanmoins, il sera nécessaire d’accepter d’investir de deux à dix fois plus d’euros pour pouvoir emprunter les contrées auxquelles de très rares casques peuvent parvenir.

C’est d’ailleurs à ce moment crucial que le HD-800 S peut venir brouiller les cartes si l’effort tarifaire peut être supporté.

Alors, que reprocher au HD-660 S ?

Pas grand chose si on est un habitué de la marque. Après les HD600 et HD650 dont on pourrait penser qu’il tente de faire la synthèse, le nouveau Sennheiser est une étape supplémentaire sur le trajet musical que la marque historique allemande nous propose de suivre.

But qui séduira ceux qui adhèrent à cette signature sonore, mais qui pourra n’être que moyennement apprécié par d’autres comme ce fut par exemple le cas de Bernard_kéké 26 tellement satisfait de son casque ortho-dynamique.

Pour ma part, j’ai énormément apprécié le Sennheiser HD-660 S sur certains des extraits musicaux dont je me suis servi pour tenter d’en évaluer les caractéristiques principales.

Je lui ai souvent trouvé un peu trop d’embonpoint sur les voix et les instruments dont il a tendance à augmenter les dimensions. Ce qu’accentue à peu près certainement un espace sonore que j’aurais pensé plus vaste en comparaison de celui de mon Momentum circum over-ear de type fermé.

Toutefois, l’écoute du début de la 32 ème sonate pour piano de Beethoven dans l’excellent enregistrement sans compression BNL (112 911) présent sur le CD de test n°14 de la Revue du Son, a permis au HD-660 S de démontrer qu’il était capable du meilleur dans l’exercice très difficile qu’est la reproduction du piano, si l’on excepte son côté trop policé dans l’aigu.
Mon vieux Beyer DT911 est très largement distancé, les Stax SR-009 et SR-207 ne proposent pas la même qualité des résonances du piano dans le grave, ni ses grondements lorsque la main gauche se fait lourde, mais un aigu beaucoup plus convenable.

Toutes ces caractéristiques, on les retrouve au cours des autres écoutes avec une qualité sonore de très bon niveau. A laquelle on ne peut éventuellement reprocher que la légère mise en avant d’une partie des fréquences du grave et l’aspect un peu trop timoré des aigus bien que beaux. Notamment avec les instruments à cordes, à part peut-être la contrebasse.

Cependant, cette reproduction descendante des fréquences a l’avantage de mieux convenir à ceux qui sont particulièrement sensibles aux vrais bons aigus tels qu’on les entend dans les concerts de musique classique et de jazz. Voire, avec certaines musiques et enregistrements pas très bien réalisés. D’ailleurs, comme c’est le cas de ma femme, elle a particulièrement apprécié l’extrait de Thaïs de J. Massenet interprété par Renaud Capuçon que je lui ai fait écouter à partir du Astell & Kern AK70.

Pour autant, si toutes ces écoutes réalisées sur une petite chaîne Hifi Rega composée d’un lecteur CD Planet, d’un ampli Mira 2, d’un tuner Rega et d’un amplificateur de casque Creek OB-11, me conduisent à penser que le Sennheiser HD-660 S devrait être plus à son aise avec des électroniques qui seraient peut-être moins typées que celles employées en cette occasion.

C’est parce que le HD-660 S ne m’a procuré que des divines surprises lorsque je l’ai associé au baladeur Astell & Kern K70 que j’ai été particulièrement ravi du passage du HD-660 S. Car, cette association s’est révélée être excellente en n’utilisant pourtant que l’entrée 3,5mm du DAP, car, je n’avais pas de câble symétrique compatible pour pouvoir le tester sur l’entrée 2,5mm.

La filiation est manifeste et si le Momentum, de type fermé, parti prendre quelques jours de vacances chez notre ami Eric_dub, pouvait ajouter la qualité sonore du nouveau HD-660 S aux siennes que sont une superbe qualité de fabrication qui n’utilise que cuir et métal. Ainsi que le meilleur côté pratique qu’il m’est arrivé de rencontrer avec un casque à arceau lorsqu’il s’agit de l’emporter hors de chez soi (légèreté, confort, très pratique et bel étui de transport. Je ne serais pas loin de penser que nous aurions là un sacré concurrent dans la course que se livrent depuis quelques années les casques de cette catégorie. Et, si ce n’est pour la première, un très sérieux candidat pour une des marches du podium, très vraisemblablement.

 

En Conclusion :

En tout cas et en conclusion, un très bon casque que j’ai beaucoup apprécié avec mon baladeur AK70. Il s’est magnifiquement comporté avec quelques fichiers flac (16 bits/44.1 khz) tirés de CD comme The Deer’s cry d’Arvo Pärt (cet enregistrement permet de constater que le HD-660 S est capable de percevoir la réverbération sonore si elle est présente sur le CD) et Via Crucis de Liszt, ainsi qu’avec tous les autres des labels Passavent, Ad Vitam, BNL…tout aussi bien enregistrés.

Un casque à propos duquel j’avais immédiatement noté qu’il dégage un sentiment de sérénité lorsqu’on écoute de la musique avec lui.

Enfin, après avoir remercié à mon tour Sennheiser France de nous avoir permis de tester le HD-660 S. Vu son confort de port et d’écoute et même si l’espace sonore n’est pas très grand en soi,  je pense que le HD-660 S est un casque particulièrement bien adapté pour une utilisation HC stéréophonique, puisque l’on pourra parfaitement envisager de se lancer dans une séance cinéma sans entre-acte ou dans le visionnage d’un opéra en sa compagnie.

Comme la Golf TSI DSG sur le réseau routier secondaire, sur les autoroutes et dans les encombrements citadins. Même s’il n’est pas vraiment rock and roll et pas fait pour la piste du Nürburgring ou de Monza. Le HD-660 S sera un casque qui franchira toutes les voies sonores sans se départir de l’assurance qu’il fait immédiatement ressentir à celui qui pilote son DAP ou sa chaîne Hifi.

 

André_ajr
HCFR – Décembre 2017

 

– Prix Public : 499€

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://dev.hcfr.fr/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

– lien vers la page du site Sennheiser dédié au casque HD660S : https://fr-fr.sennheiser.com/casque-audiophile-high-end-hd-660-s 

 

 

 

 

 

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